8ème congrès de SUD Industrie
- FD SUD C&S

- il y a 4 jours
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Vous trouverez ci-dessous notre intervention au congrès de SUD Industrie, qui fête ses 20 ans et se tient du 24 au 26 juin à Angers, auquel nous avons été invités :
Bonjour les camardes,
Notre Fédération entretient depuis longtemps des relations fraternelles avec la vôtre. Ces relations reposent sur des expériences communes, des pratiques syndicales proches et une même volonté d'implanter durablement le syndicalisme de lutte dans les entreprises de l'industrie et du commerce.
D'où vient ce lien particulier qui nous unit ?
Tout d'abord du fait que nous sommes toutes deux parmi les principales structures de Solidaires issues du secteur privé :
Vous, par le développement continu de vos implantations et de vos équipes militantes, démontrant qu'un syndicalisme de terrain, ancré dans les entreprises et les bassins d'emploi, conserve toute sa pertinence ;
Nous, par la diversité de nos interventions, qu'il s'agisse d'organiser les salarié-es d'entreprises aussi emblématiques qu'Apple, Biocoop ou Nike, de défendre les travailleurs/euses des plateformes ou encore de porter devant le Conseil d'État la défense du caractère universel du 1er Mai, jour férié, chômé et payé.
Mais ce qui nous rapproche surtout est une conception commune de l'action syndicale :
Nous savons que c'est la vie qui détermine la conscience et non la conscience qui détermine la vie. C'est pourquoi nous partons toujours de la réalité vécue par les travailleurs/euses : l'emploi, les salaires, y compris le salaire socialisé, les conditions de travail, la santé et la dignité.
C'est par ce travail patient, quotidien, souvent invisible, que nous construisons le rapport de force et que nous faisons progresser la conscience collective.
C'est également par ce travail que nous cherchons à obtenir des avancées concrètes : l'instauration d'une température maximale au travail, devenue d'autant plus nécessaire avec la multiplication des épisodes de canicule, le renforcement des droits des représentant-es du personnel face aux licenciements ou encore la défense des libertés syndicales, sans lesquelles aucune organisation durable des salarié-es n'est possible.
C'est pourquoi nous sommes préoccupés par l'énergie considérable consacrée depuis plusieurs années à des conflits internes qui, quelles qu'en soient les raisons, détournent notre Union de ses tâches essentielles.
Les travailleurs/euses que nous représentons, souvent parmi les plus précaires, n'ont rien à gagner à voir nos organisations s'épuiser dans des affrontements internes alors que les attaques patronales et gouvernementales se multiplient.
Enfin, nous partageons avec vous un attachement profond à la démocratie ouvrière :
Aux déclarations de principe, nous préférons des règles claires, des statuts respectés et des pratiques conformes à l'histoire de Solidaires : fédéralisme, autonomie des structures, horizontalité et contrôle démocratique des mandats.
Dans cet esprit, l'arrêt de la Cour de cassation du 4 juin 2025, obtenu à l'issue d'une procédure engagée par notre Fédération, mérite selon nous d'être considéré comme une clarification utile du rôle d'arbitrage de l'Union lorsqu'elle est confrontée à des situations de concurrence syndicale interne.
Au-delà de ce cas particulier, une question plus générale se pose : comment renforcer la cohérence de Solidaires sans affaiblir ses structures et sans créer de situations où l'Union se retrouve en concurrence avec elle-même, à Amazon entre autre ?
Nous pensons également que l'appartenance à Solidaires doit continuer à reposer sur une implication réelle de ses membres dans la vie de l'organisation. La cotisation, qui doit être étendue à l'ensemble de ses composantes, n'est pas une formalité administrative, elle est l'un des fondements de notre indépendance collective.
Les derniers congrès ont mis en évidence des difficultés que personne ne peut ignorer : recul de l'effectif global, affaiblissement des implantations dans le secteur public, participation inégale aux instances.
Ces constats devraient nous conduire à réfléchir ensemble aux moyens de reconstruire une dynamique de développement syndical plutôt qu'à nous diviser davantage.
Le mouvement contre la réforme des retraites de 2023 a pourtant montré qu'une attente existe. Dans l'ensemble du mouvement syndical, de nombreux travailleurs/euses se sont rapprochés de nos organisations.
Pour y parvenir, nous avons besoin d'une Union tournée vers l'implantation, la syndicalisation, la formation militante et la construction du rapport de force.
Nous avons besoin d'une Union qui fasse confiance à ses structures, en particulier en laissant ses syndicats du privé se coordonner en son sein en lui attribuant des moyens ad hoc à cet effet à l'instar de Solidaires Fonction Publique, tout en leur permettant de débattre démocratiquement de leurs désaccords et pas sous la menace d'une suspension, ni d'une exclusion.
Nous vous remercions et vous souhaitons un excellent congrès.




