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PAS DE CANICULE POUR NOS DROITS !

On pensait avoir tout vu avec l'été 2003 et sa vague de chaleur meurtrière sans précédent. Pourtant, les épisodes de chaleur extrême se multiplient désormais, plus précoces, plus fréquents et plus intenses. Cette réalité montre que le changement climatique n'est plus une menace lointaine mais un phénomène dont les effets se font déjà sentir au quotidien.


Pour éviter de vivre dans un monde soumis à des températures toujours plus élevées, à des événements climatiques extrêmes et à des dérèglements toujours plus brutaux, la bifurcation écologique doit devenir le principe directeur de nos choix économiques, sociaux et donc politiques. Avec le recul, il apparaît que les grandes conférences climatiques, y compris celle de Paris en 2015, n'ont pas suffi à enrayer la dynamique en cours. Le changement viendra avant tout de la mobilisation du plus grand nombre, parmi laquelle celle du mouvement ouvrier a un rôle décisif à jouer.


Après avoir conquis de haute lutte des droits sociaux et démocratiques fondamentaux, le mouvement syndical ne peut qu'agir aux côtés d'autres forces pour défendre le droit de chacun-e à un environnement salubre. Mais il doit également remplir sa mission première, forgée dans les combats de la révolution industrielle : faire en sorte que le travailleur qui entre le matin sur son lieu de travail en reparte le soir sur ses deux pieds.


Cela passe notamment par l'instauration dans notre législation sociale d'une température maximale de travail, afin que la protection de la santé des salariés-e ne dépende ni du bon vouloir des employeurs, ni de l'intensité des vagues de chaleur.


Respecter la nature, c'est respecter les êtres humains qui en sont issus et qui en font partie. L'enjeu n'est pas seulement écologique : il est social, sanitaire et même civilisationnel. Il ne s'agit plus seulement de préserver les générations futures, il s'agit désormais de protéger, ici et maintenant, des millions de travailleurs/euses exposés aux conséquences du dérèglement climatique.


Aussi, nous ne le répéterons jamais assez, face à la canicule, deux dispositions essentielles doivent être connues et utilisées : l'article L. 4121-1 du Code du travail rappelle l'obligation de sécurité qui incombe à l'employeur et celui L. 4131-1 garantit au salarié un droit de retrait lorsqu'il a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.


Plus que jamais, la protection des travailleurs/euses face aux températures extrêmes n'est ni un luxe, ni une revendication secondaire, c'est une exigence sociale, démocratique et humaine. Comme le rappelait un théologien progressiste américain du 19ème siècle : « Le politicien pense à la prochaine élection ; l'homme d'État pense à la prochaine génération. »



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