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Mort de Lyhanna

Nous reproduisons la déclaration de nos camarades du Gers, département où cet enfant a été assassiné :



Évidemment, nous pensons à la famille et aux proches de Lyhanna. La peine de la perte de son enfant semble déjà sans borne, et la violence des circonstances y ajoute une douleur infinie, au delà de ce que nous sommes capables d'imaginer.


Le suspect, Jérôme B, est un proche de la victime. S'il s'avérait qu'il était bien le meurtrier, cela conforterait une fois de plus les statistiques : dans 91 % des cas de violences sexuelles et sexistes, les victimes connaissent leur agresseur.


3 plaintes pour viols sur mineure ont été déposées contre le suspect, dont la première remonte à 2017 : elles ont soit été classées sans suite, soit le suspect n'a pas été entendu. Là encore, l'absence de réponse policière et judiciaire s'avère tristement banale, elle est dénoncée par les mouvements féministes : 9 plaintes pour viol sur 10 n'aboutissent pas. Il semblerait que plusieurs autres situations dans lesquelles le mis en cause a été impliqué auraient pu être l'objet de plaintes ou de signalements, mais un contexte où la voix des enfants est trop souvent ignorée ne l'a pas permis.


Le ministre de la justice parle « d’éventuels dysfonctionnements ». Au delà de l'aveu d'échec du ministère de la justice concernant précisément cette affaire, nous dénonçons un système dans lequel le traitement des violences sexuelles à l'égard des enfants et des femmes garantit bien souvent une impunité aux agresseurs. De nombreux exemples récents le montrent. Et même lorsqu'ils sont reconnus coupables, les agresseurs ont pignon sur rue comme le montre l'affaire Morandini, condamné pour agressions sexuelles sur mineurs et longtemps resté à l'antenne.


Macron avait annoncé que la lutte contre les violences faites aux femmes serait la grande cause de son 1er quinquennat. Presque 10 ans après, la mort de Lyhanna illustre de façon tragique le manque de moyens et de formation donnés aux services de police et à la justice pour éradiquer les violences sexuelles. Pourtant Macron estime que « ce n’est pas une question de moyens » mais de « responsabilités ». Cette réponse n'est pas entendable, s'envoyer la balle de la responsabilité ne doit pas faire oublier qu'en France nous n'avons pas assez de moyens pour lutter activement contre les violences. Le Haut Conseil à l'Egalite a confirmé en septembre 2025 l'urgence d'une mobilisation nationale, qui demanderait à la fois une révolution dans l'accès à la justice, des actions de prévention et des mesures spécifiquement adaptées au public fragile. Ni le courage politique de changer les institutions, ni les moyens matériels pour ce faire n'ont été depuis mis en œuvre. L'Espagne nous a pourtant montré ces vingt dernières années que c'est possible.


160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, soit un enfant toutes les trois minutes. Un meurt sous les coups tous les 5 jours. Le constat est là, les propositions existent. Quand la protection de l'enfance deviendra-t-elle enfin une priorité avec les moyens adéquats ?


  • Pour que nous, femmes, parents, enfants soyons entendu-es lorsque nous portons plainte ;

  • Pour que les enquêtes soient menées à bien dans des délais raisonnables ;

  • Pour que nous enfants, femmes, soyons protégé-es :

    Nous exigeons la création d'un parquet spécifique comme pour lutter contre le terrorisme et les moyens nécessaires à son fonctionnement.


Les féminicides représentent autant de morts que le Bataclan mais tous les ans :

  • Nous exigeons une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, financée, et qui comprenne la prévention, la justice et la réparation ;

  • Que les recommandations de la CIIVISE soient mises en place.


Appel à rassemblement lundi 8 juin à 19h, devant le tribunal d'Auch à l'initiative d'organisations féministes, syndicales et d'individu-es.



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