1ER MAI : ne les laissons pas nous rouler dans la farine !
- FD SUD C&S
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Le 10 janvier 2026
A l'occasion de la traditionnelle galette des rois de l'Elysée le 5 janvier dernier, Macron a remercié les artisans boulangers, qui s'activent en ce sens depuis l’an dernier, en leur offrant, en guise d'étrennes, notre 1er Mai, seul jour férié, chômé et payé de notre calendrier.
Qu'on se rassure, le travail ce jour-là serait soi-disant limité aux seules boulangeries et se fera sur la base du volontariat et du doublement du salaire. Mieux, selon le syndicat patronal, la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, en cas d'abus, " Il y a les prud'hommes pour ça, les patrons sont conscients qu'ils s'exposent à des risques s'ils forcent la main à leurs salariés."
Trois raisons de refuser cette régression sociale :
1) Ce n'est pas seulement un symbole du mouvement ouvrier qui est attaqué, c'est un choix de société qui est consacré, celui de nous faire travailler plus longtemps tout le long de notre vie alors que le règne de la liberté commence là où se termine la journée de travail.
2) Qui peut croire qu'un-e salarié-e d'une petite entreprise telle que sont les boulangeries ira saisir les Prud'hommes alors qu'il est encore en poste et qu'il faut s'armer de patience pour aller au bout d'un litige tant les moyens alloués à la justice sociale, pourtant justice du quotidien, sont faibles ?
3) Tel le repos dominical, devenu l'exception dans notre secteur d'activité depuis 2015 et la loi Macron, alors Ministre de l'Economie, le 1er Mai finira non seulement par devenir un jour de travail comme les autres mais sera étendue à d'autres secteurs d'activité par la suite.
Il faut une contre-offensive !
Hier, les huit syndicats nationaux, qui composaient l'intersyndicale contre la réforme des retraites de 2023, ont dénoncé en chœur l'attaque contre cette journée alors que la proposition de loi, appuyée par le gouvernement, visant à « permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai », portée par les Républicains et déjà adoptée au Sénat, doit être examinée par l'Assemblée Nationale le 22 janvier prochain.
Condamner ce recul de plusieurs décennies en arrière, c'est bien mais loin d'être suffisant : il faut annoncer dès maintenant que, en cas d'adoption de la loi, les syndicats sont déterminés à rendre au 1er Mai sa vocation originelle, à savoir un jour de lutte pour la réduction du temps de travail, en appelant à faire grève à cette date !
Alors que cette année 2026 marquera les 120 ans du repos hebdomadaire et les 90 ans des congés payés, arrachés par l'action résolue des travailleurs/euses respectivement en 1906 et en 1936, ce serait la moindre des choses de défendre de manière conséquente nos conquis sociaux.






